Dans les séries « Constructions » et « Talus » mon travail exploite, dans une première phase, l’image numérique, que je sélectionne durant mes recherches
à la rencontre des mutations du vaste territoire périurbain, avec ses terrains vagues, ses friches, ses indéterminations. 
Ensuite, au scalpel, je crée sur ou plutôt dans mes photos, le dessin d’un autre paysage. De la sorte, dans ces étapes, mon travail désigne et mime son propos : le support photographique est grignoté à l’image du paysage d’origine, lui-même mité, démembré, dénaturé. 
Simultanément, à travers les évidements, les déchirures, les morsures du scalpel et la destruction imposée, un second paysage, naturel, se construit. 
Le projecteur vient alors jouer son rôle de révélateur : dans l'ombre portée du premier paysage, c’est le second qui apparaît, comme un souvenir enfoui, insistant, vivant. Et sur la photo d’origine traversée par la lumière, telle une lanterne magique, négatif et positif se mettent à coexister en créant un troisième paysage.
Ainsi, paradoxalement,
 en « torturant » plastiquement l’image initiale, je cherche par sa métamorphose progressive à affirmer la force de résilience de la nature.